Les infiltrations d’eau de mer menacent les cultures – Var-matin 11/07/2011

Franck CHAUVETRevue de PresseFaire un commentaire

Les infiltrations d'eau de mer menacent les cultures_1Franck Chauvet, de l’Asilac Jean-Natte et Jean-Philippe Bellot, hydrogéologue se veulent rassurant.LAURENT MARTINAT

Si Hyères n’est pas concerné par la sécheresse cette année, en revanche elle peut être touchée par le phénomène du biseau salé. Quèsaco ? Jean-Philippe Bellot, hydrogéologue, nous explique : « L’eau salée est plus dense que l’eau douce. Naturellement, elle a tendance à passer dessous l’eau douce. » (voir schéma ci-contre). Cet équilibre naturel peut être perturbé en permanence par des causes naturelles et anthropiques : tempêtes et marées salines, pompages d’eau douce dans la nappe phréatique et diminution des apports dans cette même nappe (déficit et prélèvement).

Au niveau local, on peut observer ce phénomène sur toute la côte et les îles d’Or.

Risques pour les cultures

« Le problème aujourd’hui c’est que les différentes mesures (relevés de nappes en surface et de la teneur en chlorure) montrent des zones affectées par les intrusions d’eau salée et des zones qui en sont préservées, poursuit l’expert.

Cependant, « on constate aussi aujourd’hui les conséquences des agissements de l’homme sur la nature depuis les années 1960-1970, précise Franck Chauvet, président de l’Asilac Jean-Natte (1). À savoir de grosses intrusions salines dans nos nappes phréatiques qui risquent, à terme, de mettre en péril la ressource en eau et de modifier drastiquement la nature du sol, ceci malgré une gestion rigoureuse du fermier. » (Ndlr Veolia).

Et à terme, si le sol devient salé, il n’y aura plus de culture agricole sur cette zone et les forages seront contaminés, donc plus exploitables.

La solution du canal Jean-Natte

« Nous ne sommes pas démunis en solutions, rassure Jean-Philippe Bellot. Il faut s’y prendre tôt car aujourd’hui nous subissons les conséquences des actions de l’homme et des sécheresses répétées tous les 20 ans. Donc, si l’on agit, c’est sur le long terme. Il faut préserver les ressources en rationalisant les prélèvements et trouver de nouvelles ressources en amont, qui existent forcément ! »

Et Franck Chauvet de renchérir : « Une autre solution pertinente, envisagée par les fermiers, serait de réalimenter la masse d’eau douce afin de repousser le biseau salé vers la mer. Cet apport pourrait provenir des eaux du Canal Jean-Natte. Il s’agit d’une eau de qualité semblable à la nappe phréatique. Mais aussi à un coût défiant toute concurrence. »

Il semble que tous les paramètres soient positifs pour mettre en place ce procédé innovant. Si cela est fait suffisamment tôt dans le temps, il sera possible de sauver durablement la ressource en eau.

(1)- Asilac : Association syndicale intercommunale libre des arrosants du canal.

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